Édition N°5
En six ans, la Tunisie a perdu près d'un tiers de son cheptel
Le troupeau national (ovins, caprins, bovins) est passé de 8,37 à 5,94 millions de têtes entre 2016 et 2022 — près de 30 % en moins. La sécheresse est en première ligne.
Contexte
Selon l’Institut National de la Statistique (INS), le troupeau national d’ovins, de caprins et de bovins est passé d’environ 8,37 millions de têtes en 2016 à 5,94 millions en 2022. Face à cet effondrement, le ministère de l’Agriculture a dévoilé début juillet 2026 un plan de relance de l’élevage pour 2026-2030.
Les autorités identifient la sécheresse récurrente comme l’un des principaux facteurs : moins de pluie, ce sont des pâturages qui s’assèchent et du fourrage qui manque, forçant les éleveurs à acheter des aliments importés de plus en plus chers.
Pourquoi c’est important
Ce n’est pas qu’une affaire d’éleveurs. L’élevage pèse 38 % du PIB agricole et fait vivre 22 % de la main-d’œuvre du secteur. Quand le cheptel fond, toute la chaîne se tend : le prix moyen d’une brebis est passé d’environ 240-300 dinars en 2010 à près de 2 500 dinars début 2026, et la production de viande rouge a reculé de 10 %.
La sécheresse climatique se transforme ainsi, à table, en viande plus rare et plus chère pour les familles tunisiennes. Et un troupeau, contrairement à une usine, ne se reconstitue pas en un an : il faut plusieurs cycles de reproduction. L’impact d’une décennie sèche se paiera sur la décennie suivante.
Sur les racines de cette vulnérabilité : Comprendre Pourquoi la Tunisie est particulièrement exposée